• Deux voyageurs marchaient vers le sommet d’une montagne. Le premier peinait car il transportait tout ce qu’il possédait : ses certitudes, les souvenirs de ses échecs passés, ses regrets et beaucoup d’autres choses pour garantir son avenir. Sa marche était un combat. À chaque pas, ses bottes s’enfonçaient profondément dans la terre et ses yeux restaient rivés au sol, concentré, guettant les pièges du chemin.
Le second marchait à côté de lui, les mains libres et les poches vides. Il n’avait rien, mais il souriait aux étoiles. Son regard divaguait sur la cime des arbres, suivant le vol des oiseaux et le mouvement des nuages. Quand il marchait, on aurait dit qu’il glissait sur le sol, effleurant à peine les cailloux. Il souriait, le visage baigné par la brise.
Alors que le sentier devenait plus étroit et plus escarpé, ils arrivèrent devant un gouffre profond. Le seul moyen de traverser était une passerelle de cordes tressées, oscillant dangereusement au-dessus du vide. Le premier s’avança. Il aurait été raisonnable qu’il se débarrasse de son immense sac avant de s’engager. Mais hélas, à peine posa-t-il le pied sur les planches que le poids de ses peurs le tira vers le bas et le précipita dans le vide. Le deuxième s’élança alors sur la passerelle. Il ne lutta pas contre le balancement du pont ; il l’épousa. Souple, fluide, il glissa entre les cordes et atterri sans encombre de l’autre coté. Sur l’autre rive, il réalisa ce qu’il savait déjà : pour épouser le vent et toucher les étoiles, il faut désapprendre le poids du monde. Sagesse taoïste
• La vraie légèreté est la grâce de l’oiseau qui ne possède que son vol. inconnu
• Lâcher les ancres,
Devenir l’aile et le vent,
Seul reste le vol. Victor Hugo