épanouissement

• Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que j’ai choisi de devenir. Carl Gustav Jung. 

• Le marteau tombe pile sur la tête du clou, sans dévier d’un millimètre. Le geste a la force et la certitude de l’eau qui coule. L’homme qui forge ou qui ajuste le fer en plein après-midi n’a pas besoin de mots pour habiter le monde. Son attention est tout entière resserrée dans le point d’impact, dans la vibration du métal qui remonte le long de son bras. Cette fusion avec la matière nettoie l’esprit de toute sa poussière quotidienne. L’épanouissement coule dans ses membres avec la régularité du sang : une joie musculaire, diurne, où l’existence n’est plus une question que l’on se pose, mais une force exacte que l’on déploie. Inspiré de Pierre Hamp  et Matthew Crawford

• L’homme qui sait s’asseoir contre un arbre et regarder pendant des heures le travail d’une fourmi ou le grain d’une écorce possède des royaumes invisibles. Toute la lourdeur de la civilisation moderne, toutes les ambitions qui nous rongent le foie s’effacent devant la présence brute d’une pierre ou d’une herbe. L’attention au détail agit comme une eau fraîche : elle lave l’esprit de sa propre importance. On s’oublie, on se tait, et c’est alors que l’on commence à s’épanouir véritablement. On ne s’éteint pas, on s’enracine. On devient lourd de paix, riche de silence, aussi vivant et tranquille que la montagne sous le soleil de midi. Inspiré de  Jean Giono  et d’Henry David Thoreau

• Ce matin, j’ai passé une heure entière à regarder une pivoine s’ouvrir dans un vase, millimètre par millimètre. Dans cette immobilité, mes angoisses quotidiennes se sont dissoutes. L’épanouissement n’est pas une action, c’est une réceptivité. En calquant mon attention sur la lenteur de la fleur, mon esprit a trouvé son assiette. On sort de cette observation non pas vidée, mais étrangement fortifiée, dilatée. On comprend que pour fleurir, l’être humain n’a pas besoin de conquérir l’espace, mais d’habiter pleinement le point exact où il se trouve, en se laissant traverser par la clarté du jour. Inspiré par May Sarton

• Pour s’émerveiller, il ne faut pas chercher à s’élever au-dessus de la matière, il faut s’y enfoncer jusqu’à s’y dissoudre. S’asseoir dans l’herbe et regarder jusqu’à ce que votre nom n’ait plus aucune importance. Sentir chaque barrière de votre identité céder sous la poussée du visible. Ce n’est pas un renoncement, c’est une conquête de la lucidité : assister en plein midi à sa propre évaporation, devenir le témoin nu et transparent d’un monde qui respire. Le vide que l’on crée en soi en chassant son égo n’est pas un néant de mort, c’est un espace de clarté absolue où chaque chose s’illumine. Inspiré par Mary Oliver

• Comment j’aimerais être assise ici, paisiblement, à regarder fixement, à sombrer de plus en plus profondément, loin du tumulte du monde, glissant de surface en surface parmi les choses douces, pour n’être plus qu’un œil grand ouvert. Virginia Woolf